- Lors du recensement de 2006, c’est à Mont-Laurier, dans les Hautes-Laurentides qu’on retrouvait le plus haut pourcentage de ménages locataires consacrant plus que la norme de 30 % de leur revenu pour se loger (42 %), parmi les cinquante villes les plus populeuses du Québec.
- Aux deux bureaux de la Régie du logement en Mauricie (Trois-Rivières et Shawinigan), le nombre de causes de non-paiement de loyer est passé de 848 en 2006-2007 à 1200 en 2010-2011, pour une hausse de 41,5 % ! Aux bureaux de Saint-Jérôme et de Joliette, qui desservent les régions des Laurentides et de Lanaudière, les causes de non-paiement ont augmenté de 20 %, atteignant respectivement 2296 et 719.
- À Matane, dans le Bas Saint-Laurent, le coût moyen des logements a augmenté de 25 % entre l’automne 2005 et le printemps 2011. À Rimouski, la hausse a été de 22 % et à Joliette de 23 %.

- À Matane (photo : Ronald Lachapelle).
C’est le type de réalités que la Caravane Sur la route pour le logement social a dépeint lors de son passage dans les régions des Laurentides, du Bas Saint-Laurent, de Lanaudière, de Chaudière-Appalaches et de la Mauricie, les 6 et 7 octobre.
Il en ressort un portrait diversifié. Ainsi, certaines villes sont toujours en situation de pénurie de logements locatifs. D’autres en sont sorties, non sans une augmentation marquée de leurs coûts de logement. D’autres enfin n’ont pas réellement vécu ce type de problème, mais la pauvreté d’une large part des ménages locataires fait en sorte qu’une forte proportion consacre un pourcentage beaucoup trop élevé du revenu en loyer.
Quelle que soit son origine, le problème d’incapacité de payer affecte un nombre significatif de locataires.
Le problème est évidemment encore plus criant pour les personnes à l’aide sociale, comme en ont témoigné les porte-parole de groupes de personnes assistées sociales, lors du passage de la Caravane dans leur municipalité. Pour Danielle Dubouille du Regroupement pour les droits des personnes assistées sociales (RDAS) de Mont-Laurier, Josée Despins du Regroupement pour la défense des droits sociaux (RDDS) de Shawinigan et Steven Ouellet, de l’Association pour la défense des droits sociaux (ADDS) de la Rive-Sud, c’est clair : « Tu ne peux pas joindre les deux bouts avec une prestation de base de 574 $ par mois, comme c’est le cas des personnes assistées sociales considérées aptes au travail ».
Les femmes se mobilisentPresque partout où elle est allée à travers le Québec, la Caravane a été accueillie par des groupes de femmes qui s’étaient mobilisées très largement pour l’occasion. Comme l’expliquait Flavie Lavallière, agente socio-politique du Regroupement des femmes de la région de Matane, le 6 octobre, « plusieurs femmes qui fréquentent nos groupes nous disent jusqu’à quel point il est difficile de se trouver un loyer de qualité à un prix abordable ». Lise Aubin, coordonnnatrice du Centre Femmes L’Ancrage, a rappelé, pour sa part, à l’occasion d’une manifestation sur la Rive-Sud de Québec, le 7, que « les femmes qui représentent 53 % des ménages locataires de Lévis sont les principales touchées par a discrimination dans la recherche de logements, puisque leur revenu est en moyenne plus bas et qu’elles ont souvent la charge d’enfants ». Toujours le 7, à Louiseville, Annie Lessard, du Centre des femmes l’Héritage, affirmait qu’« en Mauricie, les personnes en situation de pauvreté, dont plusieurs sont sur le marché du travail, sont majoritairement des femmes ». Les chiffres ne trompent pas. À Saint-Jérôme, par exemple, 44 % des femmes locataires paient plus que la norme de 30 % de leur revenu pour se loger contre 28 % dans le cas des hommes. Pour les femmes vivant seules, la situation est carrément désastreuse. À Mont-Laurier, elles sont 66 % à payer un pourcentage trop élevé de leur revenu au loyer. À Sherbrooke, elles sont 56 %, à Longueuil 54 % et à Montréal 53 %. |
Pascale Parent,
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